mardi 26 juin 2018

Coup de gueule du jour

  Dans mon précédent article, j'évoquais l'association Kwata.
  C'est une association guyanaise d'étude et de protection de la nature.
  Les plages de Guyane étant un site très important de ponte des tortues marines, l'association participe grâce à de nombreux bénévoles à un programme d'étude et de conservation des différentes espèces de tortues marines présentes en Guyane, vertes, luths et olivâtres.
  Depuis quelques semaines, je participe aux patrouilles de sensibilisation du public organisées par cette association en cette période où de très nombreuses tortues viennent pondre sur les plages de Cayenne.
  La plupart du temps, tout se passe bien et les gens acceptent volontiers nos remarques et conseils pour observer les pontes dans le respect de l'animal et souvent nous remercient.
  Mais parfois, on se heurte à des monsieurs "je sais tout" ou "j'en foutre".

  Ainsi ce matin, une tortue olivâtre était en pleine ponte. C'est une espèce particulièrement craintive. Il faut donc se tenir à bonne distance et hors de son champ de vision pour ne pas la perturber.
  Arrivent trois personnes, équipées de très grands et particulièrement gros appareils photos, visiblement pas des photographes amateurs.
  L'un se colle avec assurance face au regard de la tortue et assez près.

  Je lui demande poliment de s'écarter, en lui expliquant qu'il gène et que la tortue pourrait repartir.
  Aucune réaction. Il poursuit ses photos en m'ignorant totalement.
Est-il sourd? Ne parle-t-il pas notre langue? Est ce un malotru?
  Une fois la tortue à la mer, il s'approche apparemment  satisfait de ses prises et m'explique dédaigneusement que depuis 23 ans qu'il vit en Guyane et photographie les tortues, il n'en a jamais vue une repartir parce qu'elle aurait été dérangée.
  Même si il est là depuis des années, il est bien mal informé parce que cela arrive fréquemment.
  Monsieur Je sais tout devrait peut-être écouter un peu plus les conseils de gens avisés, moins obnubilés que lui par le seul souci de rapporter de belles photos, sans aucune considération pour l'animal.
  Vous croyez que, après 23 ans, les tortues le reconnaissent et qu'il peut tout se permettre?

  J'ai réussi à identifier ce monsieur, quelqu'un l'ayant appelé par son prénom. Cela m'évoque aussitôt un site qu'il m'arrive de parcourir, d'un photographe qui vit en Guyane et bien connu de Kwata...
  Maintenant, je regarderai différemment ses clichés et je m'émerveillerai beaucoup moins.






  La lumière était particulièrement belle. J'avais moi aussi mon appareil photo, beaucoup plus modeste, mais avec un zoom qui permet quand même des photos correctes en restant à distance et sans déranger l'animal.
  Voilà donc les deux vedettes du matin harcelées par les paparazzis et observées plus discrètement par le modeste photographe amateur que je suis.




dimanche 24 juin 2018

Le caïman de ce dimanche matin

  De retour de son footing très matinal, Alissis me tire du lit avec un argument auquel je ne peux résister.
  Un caïman est sur la plage juste à côté de la maison.
  Vite, vite, pas bien réveillée et de peur que l'animal s'enfuie, j'enfile le premier pantalon qui me tombe sous la main. Un peu grand, ce n'est pas à moi. Tant pis, cela fera l'affaire et me protégera des piqûres de yen-yens, très voraces à cette heure.



   A notre arrivée sur la plage, le caïman est toujours là. Pourtant l'eau de mer n'est pas son élément.
   Peut-être vient-t-il des Salines de Montjoly, un marais tourbeux qui est séparé de la plage par un cordon de dunes.








   Après l'avoir observé et photographié sous toutes les coutures, nous réalisons qu'il est peut-être en danger et qu'il faudrait contacter des personnes compétentes, parce que s'agissant de caïmans, nous sommes totalement ignares.
  Nous appelons alors un membre de Kwata, une association qui oeuvre à la préservation de l'environnement et dont je vous reparlerai bientôt.
  Un salarié arrive rapidement et, sans aucune hésitation, il saisit l'animal pour le rapporter à mains nues aux Salines. Lui a une autorisation préfectorale pour le manipuler, ce qui est interdit pour la plupart des gens, le caïman étant une espèce protégée.
  Nous apprenons qu'il s'agit d'un caïman rouge, ou caïman à front lisse, le plus petit crocodile au monde. Celui-ci mesure environ 80 cm.

  Quelle faune fabuleuse en Guyane! Déjà 6 mois que nous y vivons et nous nous émerveillons comme au premier jour.

jeudi 14 juin 2018

Pas discètes les amazones

  Depuis quelque temps, des oiseaux bruyants se font entendre dans notre jardin.
A force de patience et d'observation, j'ai enfin réussi à les apercevoir.
Perchées tout en haut d'un grand arbre, deux amazones prennent le soleil.




mercredi 6 juin 2018

T'es gonflé l'anoli!

  Alors que j'allais tranquillement m'installer sur un transat pour bouquiner, j'ai d'abord vu une patte


puis une tête


  On dirait que la place est prise.


L'ami anoli, tu ne bouges pas. Je reviens avec mon appareil photo.


 Super, tu sors le grand jeu!


Magnifique fanon!


Mais, au fait, pourquoi tu me montres tous tes attributs?
Il faut que je cherche ce que cela signifie...


Mr Wikipédia dit que "le fanon est utilisé pour donner un aspect plus imposant et impressionnant à l'animal pour attirer ou séduire une femelle..."

Eh l'ami, on se calme!


ou encore "...chasser un intrus de son territoire ou effrayer un prédateur."

Non, mais là, c'est un peu fort.
Chasser un intrus de son territoire...

Il est à qui ce transat?
Je veux bien partager mon espace, mais je ne vais quand même pas m'en faire chasser!
Allez ouste, j'aimerais bien me mettre à la lecture maintenant.

samedi 26 mai 2018

Visite du zoo de Macouria

   La forêt guyanaise avec 80 000 km2 de superficie recouvre 95% du département et est d'une extrême richesse tant en ce qui concerne la végétation que la faune. Lors de nos sorties sur des sentiers qui ne pénètrent jamais très loin, nous avons pu observer quelques animaux, des singes, écureuils, paresseux, mais évidemment bien peu par rapport à toutes les espèces qui y vivent.
  Alors pour découvrir un peu plus la faune locale, nous sommes allés au zoo de Macouria pour une visite qui, avouons le, même si nous ne sommes pas forcément adeptes de ce genre de lieu, nous a enchantés.
  Voilà un aperçu des animaux que nous y avons rencontré.


A l'entrée des iguanes à la superbe crête



Le cabiaï est le plus gros rongeur au monde, de plus d'un mètre de long.



Des aras bleus



Un toucan au bec impressionnant



Un caïman, gros yeux, belles dents.



Un jaguar en pleine sieste



Un ocelot également à l'heure de la sieste



Une amazone à front bleu



Ce singe atèle aveugle recueilli par le zoo n'aurait aucune chance de survie dans la nature.




 Le grand tamanoir est un fourmilier géant. Il peut mesurer jusqu'à 2 mètres.




Quelle belle moustache a le tamarin empereur! Je suis sous le charme.



La harpie féroce est un redoutable prédateur.
D'une envergure de 2 mètres, cet aigle est capable de tuer un singe ou un paresseux pour s'en nourrir.



Le hocco, ce gros oiseau de 90 cm de haut, victime d'une chasse excessive, est plus fréquent sur les cartes de restaurant qu'en forêt.



L'ibis rouge est une espèce protégée depuis 1987.
Auparavant il était chassé pour sa chair et la beauté de ses plumes avec lesquelles on confectionnait des fleurs,  ce qui a conduit a son déclin.




  D'autres espèces ont échappé à notre objectif, mais nous reviendrons, d'autant que le billet d'entrée est valable pendant un an.
  Nous espérons maintenant pouvoir observer certains de ces animaux dans la nature, peut-être pas le jaguar, mais des aras ou des ibis par exemple ou encore des caïmans.
  Avis à la famille et aux amis: pour les caïmans, on a un plan alors si ça vous tente, notre porte vous est ouverte.


dimanche 1 avril 2018

Le ciel de case ou malulawa en langue wayana


  Le ciel de case est un symbole de la culture wayana.
Traditionnellement c'est une rondelle de bois taillée dans un contrefort de fromager ou d'acajou, qui mesure environ un mètre de diamètre, noircie à la suie et peinte d'animaux mythiques, généralement avec des argiles naturelles.
  Il est suspendu au sommet du carbet communautaire du village, le tukusipan, où ont lieu les fêtes traditionnelles. Il a un rôle protecteur pour la communauté.


  Chaque ciel de case est unique.
  Parmi les motifs traditionnels, on trouve les chenilles à deux têtes ou tokosi,  représentées de façon symétrique.


Dans la légende wayana, c'est un animal dangereux capable d'attaquer et de tuer les hommes.

L'esprit de l'eau ou mulokot  peut aussi tuer en attirant dans l'eau.


D'autres animaux pacifiques sont également représentés, comme le tamanoir (walisïmé en langue wayana),


la tortue (kuliputpë), le crapaud (kuto) ou le serpent (ëkëi)


le jaguar


le lézard



le poisson coumarou géant (watawuimë)


 Le centre du ciel de case représente le tronc du fromager.



   Cet objet essentiel de la culture wayana est très apprécié à l'extérieur de la communauté. Quelques artistes sont reconnus et parviennent à vivre de leur art. C'est le cas de Minestelli Ananuman à qui nous avons acheté ce ciel de case qui mesure un mètre de diamètre, taille assez rare aujourd'hui. On trouve plutôt des petits modèles de  30 à  50 cm, ce qui selon moi ne correspond pas à un ciel de case traditionnel, mais qui rend cet objet plus accessible.

   Malheureusement, des copies de ciel de case sont également vendues, plus ou moins réussies, par des gens extérieurs à la communauté wayana. On trouve aussi des paréos, des serviettes de plage ou des sacs ornés de ces motifs traditionnels, dont les bénéfices échappent évidemment à la communauté.
  Aucune réglementation ne permet de protéger de ce pillage extérieur.

  Si vous souhaitez acquérir un ciel de case authentique, vous pouvez visiter la boutique associative Gadepam, 11 rue Pichevin à Cayenne, dont l'objectif est de "valoriser l'artisanat traditionnel et les produits naturels de Guyane dans une démarche sociale et solidaire".
  Je n'ai aucune action dans ce magasin, mais j'aime beaucoup y aller. L'artisanat présenté, tant amérindien que tembé, est très beau et 70% du prix de vente revient aux artisans eux-mêmes, le reste finançant les frais de fonctionnement de l'association.


Rencontre du jour...

  A 2 pas de la maison, devinez qui j'ai rencontré.   Un premier indice   Ces mèches ne vous disent rien? Vous ne reconnaissez pa...